Escape game outdoor : définition et coulisses de création à Berlin

Escape game outdoor : définition et coulisses de création à Berlin

Appelé jeu de piste, city-game ou Stadtrallye, l’escape game outdoor prend plusieurs formes à Berlin comme ailleurs. À l’heure du divertissement massif et permanent, l’escape game outdoor est la nouvelle tendance des jeux d’aventure. Si son histoire est ancienne et connue des animateurs et des scouts, il semble bien que l’essor des escape games soit directement lié au succès récent de ces jeux immersifs. Je ne vais pas dans cet article faire une leçon théorique sur les escape games outdoor à Berlin, mais plutôt vous présenter ce qu’est un escape game outdoor à travers ma personne, ma passion, L’Affaire Néfertiti, notre jeu de piste, et naturellement Berlin. Si vous souhaitez savoir quelle est la différence entre un escape room et un escape game outdoor, je vous invite à lire cet article.

Qui suis-je et pourquoi suis-je passionné par les jeux ?

Qu’ils soient de plateaux, de plein air ou de piste, les jeux ont toujours eu une importance capitale dans ma vie. Ce qui m’a toujours passionné, c’est sortir une histoire de son support d’origine et la faire vivre autrement. Pendant 5 ans, en tant qu’animateur, j’ai monté l’adaptation d’un jeu télévisé : « Pékin Express » pour 40 ados : une semaine de jeux et d’épreuves. On a pu y voir des jeux comme Metal Gear Solid en live action le temps d’une soirée, avec une vingtaine de figurants, ou une épreuve sportive mêlant pâtisserie et canoë-kayak. Ce goût pour faire vivre une histoire dans un lieu réel m’a naturellement mené vers l’escape game outdoor. L’Affaire Néfertiti est un hommage direct (et modeste) aux films d’aventures de mon enfance : Indiana Jones, Les Goonies ou L’Affaire Thomas Crown. C’était pour moi l’histoire parfaite pour transformer Berlin en terrain de jeu.

Comment créer un bon Outdoor escape-game à Berlin?

Il y a plusieurs ingrédients, et sans les classer dans l’ordre, je vais vous faire part de mes choix personnels et pourquoi je leur donne de l’importance.

Tout d’abord, l’histoire : en choisissant l’histoire du vol du buste de Néfertiti au Neues Museum, j’intègre parfaitement Berlin au jeu. L’histoire locale est suffisamment riche pour y puiser : espions au temps de la guerre froide, Berlin Est-Ouest, etc. Alors pourquoi faire un jeu sur le thème d’Harry Potter à Berlin ? Pour moi, ça n’a pas de sens.

Le parcours est aussi super important, et doit servir votre objectif. Pour moi, je devais absolument faire une énigme au Neues Museum, c’est un exemple parfait où le parcours vous sert à la création de vos énigmes. De plus, il permet aux touristes de passage de visiter la ville ou un quartier de la ville. L’Affaire Néfertiti garantit 2h de visite minimum. Pensez surtout à rendre ce parcours dynamique, indépendamment de sa longueur.

Pour terminer, je dirais le support. Pour L’Affaire Néfertiti, j’ai choisi du matériel physique, j’aime les objets. Certains choisissent des applications comme support, d’autres des roadbooks avec de multiples questions. Toutes ces approches peuvent être bien réalisées et offrir une visite de qualité aux participants. Je dirais que c’est votre intention et vos motivations pour créer un jeu qui doivent transparaître dans votre création.

Colonnade du Neues Museum et sac de jeu de L'Affaire Néfertiti à Berlin

Ce qui était vraiment important pour moi ?

Le thème, une histoire ancrée de Berlin : le buste de Néfertiti a été mon premier choix, et à voir les joueurs motivés à la retrouver dans Berlin, je pense que c’était le bon. D’ailleurs, les prochaines créations respecteront absolument ce critère. OUTscape est une petite entreprise, mais j’ai l’envie qu’elle ait une identité forte et qu’elle soit connue pour ça.

Le deuxième point auquel j’ai attaché de l’importance, c’était le support. Ce qui avait marché avec les ados, c’était de leur sortir la tête des écrans, c’est exactement le rôle que tiennent les objets ici : j’ai cherché à limiter au maximum l’utilisation du téléphone. Des clients m’ont confié récemment avoir choisi L’Affaire Néfertiti car ce n’était pas un jeu qui se joue avec une application. En plus, j’aime bien les surprises, alors l’idée d’un sac qui révèle ses mystères petit à petit, ça m’a plu tout de suite.

Autre point d’importance : je voulais que les joueurs puissent jouer et visiter Berlin en même temps. Le parcours fait plus ou moins 2 kilomètres et passe par des lieux vraiment chouettes, et surtout, il fallait que les lieux traversés soient utiles pour avancer dans l’enquête.

Je voulais aussi que tout ça, les joueurs puissent le faire en totale autonomie. Un système d’aide ingénieux est intégré aux objets du sac : pour les joueurs, c’est la garantie de trouver de l’aide à portée de main. Et si vraiment les joueurs sont bloqués, un game master est joignable à tout moment.

Les difficultés que j’ai rencontré

Partons du général pour arriver au particulier, car le point central ici lorsque vous vous lancez dans une aventure d’entrepreneuriat solo, vous allez devoir rassembler beaucoup de compétences. Soyons honnêtes, vous ne les aurez pas toutes. Restons focus, juste sur la partie énigme et jeu de piste. Le parcours fut validé assez rapidement, et bien que je l’aie modifié 2 fois jusqu’à la version finale, ce ne fut pas la partie la plus compliquée. Pour le design, j’ai la chance, sans être un expert, de savoir utiliser Photoshop, ce qui m’a permis de réaliser beaucoup d’énigmes seul en passant par des sites d’impression. Dans la liste des choses que je ne sais pas faire, j’ai dû trouver une brodeuse pour des éléments du sac, un technicien avec des compétences en langage Arduino pour le final, et un imprimeur capable de produire une carte de Berlin suffisamment résistante. Rien que la partie « technique » avait son lot de défis, et on a un résultat certes améliorable ici et là, mais tout à fait professionnel.

Autre difficulté : Berlin. Aussi belle, sympathique, agréable soit la ville, elle change en permanence, et là, il va vous falloir des solutions. Car rien, mais alors vraiment rien n’est définitif : les murs d’une station de métro ont disparu, les pavés d’une place ont été changés, un accès le long de la Spree a été fermé, et malheureusement ça arrive et vous ne savez jamais vraiment pour combien de temps. Donc, pour chaque lieu, j’ai créé une énigme de secours qui se substitue à l’originale. À présent, je peux dire que notre escape game outdoor est jouable en tout temps et en toutes conditions, et qu’avec des joueurs sur le parcours, je peux m’adapter en 30 secondes même sans être informé d’un changement ici ou là dans Berlin.

Enfin, une dernière mention : l’autonomie. Je voulais que les joueurs puissent jouer seuls sans avoir un game master collé à leurs basques le temps de l’aventure. Nous avons donc mis en place un système de cartes d’aide accessible en permanence et en 3 langues. Pas la plus grande difficulté, mais quelques heures de travail réflexif sur la manière de donner de l’aide sans donner la réponse.

L’énigme que j’aurais aimé réussir

Comme je l’ai écrit plus haut, je ne voulais pas d’application, et les objets étaient centraux au projet. Une idée que j’avais adorée, c’était une étiqueteuse sur laquelle j’avais peint un code, et lorsqu’on l’utilisait, la machine restituait une information décodée. Mais avec l’utilisation, même courte, la peinture s’enlevait et il fallait la refaire tout le temps. J’étais déçu, mais j’ai laissé tomber l’idée.

L’énigme que les clients adorent

À contrario, c’est sans artifices que se font parfois les bonnes énigmes. Les clients me disent souvent que le jeu est vraiment très bien conçu, et ils adorent que l’enquête se fasse avec des objets. Parmi ces énigmes, il y en a une qui revient souvent : une énigme assez simple, faite avec des polaroïds et quelques objectifs secondaires ici et là, qui donne tout son sens à l’idée de jeu de piste.

Autre point que j’ai considéré lorsque j’ai créé les énigmes, et qui, forcément, plaît aux joueurs, c’est la variété des énigmes. Par exemple, il aurait pu être facile de répéter l’énigme des polaroïds une seconde fois, mais utiliser d’autres objets, qui font appel à d’autres compétences pour les participants, renforce l’immersion et in fine la qualité de votre jeu de piste.

Scène d'enquête de L'Affaire Néfertiti à Alexanderplatz, Berlin

Conclusion

Cet article a presque valeur d’introspection professionnelle, après toutes ces années à imaginer, créer et mettre en place des énigmes. La récompense à tout ce travail, c’est le plaisir qu’ont les joueurs à résoudre L’Affaire Néfertiti. Je m’aperçois que c’est ma vision de départ qui fait la différence pour mes clients : pas d’application, des objets, une histoire originale, et ma présence au début et à l’arrivée. Sacrée récompense. D’ailleurs, j’ai reçu cet avis la nuit dernière, et je pense qu’il résume un peu tout : « À recommander sans hésiter. Un gameplay génial, bien équilibré et conçu avec une passion palpable ! ». Si vous cherchez une activité pour votre prochain EVG ou EVJF, ou pour souder votre équipe à Berlin, j’espère vous avoir donné une bonne raison de nous rejoindre.

FAQ

 Contrairement à un escape room classique en salle fermée, un escape game outdoor se joue en extérieur, dans une ville réelle. La ville elle-même devient le terrain de jeu : vous vous déplacez d’un lieu à l’autre pour résoudre des énigmes, plutôt que de rester confiné dans un espace de quelques mètres carrés.

 Non, aucune application n’est nécessaire. Le jeu repose entièrement sur des objets physiques (cartes, polaroïds, un sac scellé rempli d’indices), un choix assumé pour privilégier une vraie déconnexion du téléphone pendant l’aventure.

Un système de cartes d’aide, disponible en permanence et en 3 langues, est intégré directement aux objets du sac. Si malgré tout l’équipe reste bloquée, un game master reste joignable à tout moment.

 Oui. Chaque étape du parcours dispose d’une énigme de secours en cas d’imprévu (travaux, accès fermé), et le jeu reste praticable même sous la pluie, sans que ça gâche l’expérience.

 Comptez environ 2 heures minimum pour parcourir les 2 kilomètres du trajet et résoudre l’ensemble des énigmes, en totale autonomie du début à la fin.